Forum Grand Corps Malade et slam

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#1 07-02-2008 16:10:17

Peggy
Fan confirmé(e)
Date d'inscription: 14-10-2007
Messages: 128

De retour avec quelques textes nouveaux

Entre Quatre Murs


Entre quatre murs,
Des poumons respirent, des paupières bougent,
Et pourtant personne ne sait que j’existe ici. 
Je vois le jour se lever comme la nuit qui se couche.
J’aime voir les étoiles briller car elles me rappellent que j’existe,
Même si ce n’est qu’entre quatre murs...

Je reste là, les yeux fermés, allongée,
Les mains croisées derrière ma nuque, je soupire.
Encore à moitié dans mon sommeil, je me redresse.
Pour retrouver mon éveil vers la surface de la vie,
Je plonge dans mes paumes mes orbites.
Tout à coup, un nuage d’étoiles surgit de mes yeux.
Je lève la tête et m’aperçois que je me suis endormi
Sur mon divan devant la télévision, comme souvent. 
Je me sers d’elle comme d’une compagnie,
Qui m’aide à tuer le temps de mes nuits de solitude,
A immoler ce silence,
Et pour ne pas perdre contact avec le monde.
Je prends la télécommande pour l'éteindre.
Quand soudain, tout devient silencieux entre mes quatre murs
Dressés dans une quelconque rue de ma ville.

Je me lève et me dirige vers la salle de bain
En traînassant ce sac d’os qui est mon corps.
L’idée de devoir me laver me mets de mauvaise humeur
Car je n’aime pas me décrasser, alors je fais le strict minimum :
Deux fois par semaine pendant que le soleil dort encore.

Comme sous une averse de pluie,
Je laisse mon corps se tremper aux gouttes de la torture.
La chaleur du liquide envahit mes veines
Et les membres de mon corps.
Puis la vapeur m’aveugle. Malgré mon corps imbibé,
Je sens toujours ces bactéries incrustées dans ma peau.

Tout est fait de bactéries.
Ces bactéries sont là incrustées dans ma peau,
Et je sais que jamais elles ne disparaîtront.

Vaincue par ces bêtes minuscules, je finis par sortir.
J’attrape une serviette puis l’entoure autour de ma taille,
Et je m’arrête devant le petit miroir
Accroché au dessus du lavabo.
Mon visage s’y reflète, je vois déjà les rides que la vie m’a faites.
Malgré mes quelques vingtaines d'années de vaincues.
Je sculpte d’une main mon visage
Et j''aperçois la maigreur squelettique que fait ressortir ma face.
Au bout de mes doigts,
Je flaire mes os qui se voient même à travers ma peau.
Ma peau est d’un blanc pâle vif,
Mes yeux ont un regard profond et vide.

Putain de visage je te hais. Toi même tu ne me parles plus.
Seule la laideur brille quand notre regard se croise.
Vraiment, je te haie.

Je me vêtus d'une vaste tenue,
Et je sors de ces quatre murs qui ne me quittent jamais.

L' aube devient de plus en plus clair,
Et je sens l'air chaud venir m'étouffer..
Je devine que la ville se réveille peu à peu.
Même si je me suis éloignée d’elle, je peux la sentir.

Elle, qui est si libre et qui me rend si vulnérable.
Elle, baignant dans l’ivresse de la folie de l’Homme.
Elle, qui me terrifie.
Elle, où chaque jour qui se lève est un jour à vaincre.
Elle, qui envoie cette odeur d’essence que je flaire.
Elle, dont les murs des bâtiments
Sont des forteresses de pierre armées de béton.

Tout est petit dans mon intérieur de solitude.
Je déteste les grands espaces,
Car il n’y a rien de tel pour me faire perdre mes repères.
Là, il y a ce qu’il me faut : un vieux divan
Installé devant la télévision
Dans un petit salon où les murs me rappellent
Que seul le temps est immortel,
Une salle de bain qui pour moi est l’enfer,
Et d'une cuisine pour me nourrir du peu que je peux avaler.

En effet, sans l’avoir vécu, je me nourris tel un enfant de guerre.
Bien que celle d'Hitler m’aurait été fatal,
Car j’aurais survécu à peine quelques heures
Au milieu de sa guerre.
On m’aurait tué entre quatre murs
Lors des expériences scientifiques
Où le premier souffle de la mort m’aurait fauché,
Laissant s’éparpiller au sol la poussière de mes os.
Mais si je veux tenir debout à long terme,
Il faut bien que je me nourrisse.

Les paupières fermées,
Je me tiens là debout au centre de ma solitude.
Sous mes paumes, mes poumons respirent
Et il y a toujours ces mots qui tournent dans mon cerveau.
Je respire. Je pense. Je suis encore vivante.

J’ouvre mes paupières, mes murs sont toujours là.
C'est un jour parmi tant d'autres.





Les Autres

Un nouveau jour se lève sous ce ciel du monde.
Un jour de plus à vaincre.

Engouffrée sous la capuche de mon sweater,
Mon corps tendu comme un glaçon
Ne pouvant fondre en sa propre guise,
Ma machine infernale à deux roues entre mes mains,
Je m'enfonce dans l'endroit que je déteste le plus au monde: la rue.

La rue qui est remplie de ces autres.
Ces autres qui sont ma haine,
Ces autres qui sont ma différence.
Ces autres qui me font couler ces larmes,
Sans que personne ne le voit,.
Ces autres qui sont tout ce que je ne suis pas.
Ces autres qui ont deux jambes et un coeur entier,
Moi, qui ai deux jambes et seulement la moitié d'un coeur.
Ces autres où la liberté leur sourit,
Moi, mon propre corps me l'interdit.
Ces autres qui font de moi leur ombre.
Alors que je suis bien là, je suis bien vivante.

A force de faire tourner mes roues sur ces rues cabossées,
Sur ces trottoirs en pavés, mes mains sont comme mutilées,
Et le creux de mes paumes deviennent tel des rivières de sang.
Mon air m'ayant abandonné, je me décide de m'arrêter près d'un banc.
Je me tiens là assise dans mon fauteuil roulant,
Tout en rêvassant, je contemple l'horizon

Devant moi, je vois ce môme courir après un ballon,
Moi, depuis que je suis née je rêve de pouvoir en faire autant,
Mais je ne peux pas car je suis née comme ça.
Ce n'est pas la peine de me le dire, je le sais bien
Que ce n'est pas la faute de ce môme si je suis comme ça
Mais pourtant une haine est toujours là au fond de moi
Quand j'aperçois un môme qui court
Et tous ces autres détenant les plus belles
Valeurs de la vie entre leurs mains
Et qui s'amusent à les détruire à chaque jour qui court.

Là bas, il y a lui qui rit tête baissée,
Et qui donne un coup de coude
A ses camarades pour qu'ils se retournent
Et se foutent de ma boule.
il y a ces gazelles qui me coupent sans cesse ma route
En allant de porte en porte des magasins
Pour ne pas manquer la dernière mode.
Mais moi je n'aime pas la mode.
Car finalement c'est pour ressembler à tout le monde
Et tu finis par devenir comme un autre parmi tant d'autres.
Et puis il y a vous qui me regardez d'un air ébahis,
Car je suis debout en face de vous sur cette scène
Entrain de balancer mon vécu que je vis grâce à vous.

Enfin mon air revenu, je me décide de reprendre ma route.
Je veux aller sur ce trottoir,
Mais voilà qu'une voiture de première classe
Me gêne et me bloque le passage.
Si ça ne tenait qu'à moi je lui plierai sa voiture en quatre,
En lui brisant ses vitres et en arrachant ses rétros,
Mais je n'ai pas envie de finir la journée derrière les barreaux.
Sauf que je ne peux pas partir comme ça
Il faut qu'il se souvienne de moi,
Alors je me décide de prendre mes deux pieds
Et lui donne deux grands coups sur sa carrosserie.
Fier de moi je regarde ma réussite,
Et j'y vois deux grosses empruntes de mes semelles
Ce qui me fait sourire
Car je me dis que ce chauffard
N'avait cas pas prendre les plus vulnérables pour des abrutis.

Alors que j''arrive au seuil de mon immeuble,
Un vieux barbu avec des béquilles s'arrête devant moi
Et me fait le signe de la croix de Dieux
Comme s'il voulait que le gars de la haut ne m'oublie pas,
Mais moi je me dis, franchement ce gars c'est un cas.

Enfin l'ascenseur est là juste devant moi,
Mais comme d'habitude il est en panne. 
Alors comme par magie je me mets sur mes deux pieds,
Je plie mon fauteuil et le tire tel un sac de pierre
En montant mes quatre paliers
Qui sont pour moi les marches de l'enfer.

J'arrive entre mes quatre murs qui m'accueillent à bras ouverts,
Le jour s'achève au dessus de mon toit,
Je suis entre mes quatre murs
Et je souris car je me dis
Un jour de plus de vaincu.




J'ai un rêve

Référence au texte célèbre de Martin
Lutter King « I have A Dream »


Il y a une quarantaine d'années, un américain noir, qui jette sur nous aujourd'hui son ombre symbolique, à travers un discours en 1963 a voulu dénoncé le racisme que vivait sa communauté à travers son pays et en a payé le coup. Il est évident qu'aujourd'hui le racisme court toujours et en a même pris une autre tournure, en voici la preuve.

En 1789 dans un coin du monde, un homme clama des mots tels que liberté, fraternité et égalité, pour donner sans doute de l'espoir à l'Homme de pouvoir un jour exister quelque soit sa race, ses origines, sa couleur et de ce qu'il est. Ces mots étaient venus comme une lueur d'espoir pour ceux qui ont l'impression de vivre dans l'oubli à cause de la différence qu'ils portent.

Mais trois siècle plus tard, nous pouvons faire le constat tragique que ces mots sont la plus part du temps bafoués ou ignorés. Trois siècle plus tard, l'handicapé vit le plus souvent dans la plus grande indifférence. Trois siècle plus tard, l'handicapé ne peut toujours pas travailler aisément car il est plus facile de payer une amende que d'employer un handicapé dans une entreprise. Trois siècle plus tard, l'handicapé vit dans le seuil de la pauvreté. Trois siècle plus tard, l'handicapé ne peut pas vivre une relation normale car avoir deux allocations au même niveau, c'est de trop. Trois siècle plus tard, l'handicapé est toujours considéré comme une honte de sa nation.

Alors je viens ici aujourd'hui pour dramatiser notre condition effroyable.

Je viens de mon plein gré, pour demander en quelque sorte, le paiement d'une dette qui existe depuis trop longtemps. Et cette dette est cette dignité que nous a volé notre société car l'Homme a toujours détesté la différence et préfère l'humilier en l'ignorant, ou préfère la détruire en faisant des fausses guerres. Et qui comme tout le monde le sait, la guerre a toujours été là pour remplir les poches de ceux qui portent le monde entre leurs mains.

Aujourd'hui il est évident que notre société a manqué à son devoir quant à ses citoyens handicapés. Au lieu de faire honneur, elle nous humilie en nous classant dans des colonnes A, B, C, pour faire de notre handicape des classifications sociales plus ou moins pauvre, pour faire de ces colonnes notre identité. Pourtant nous aussi on a des droits, même s'il y en a que la moitié de l'Homme. Alors j'ai une question à vous posez! Est-ce ça ce que nous valons, la moitié d'un Homme?

Je suis venue aujourd'hui pour dire qu'il ne suffit plus de se poser sur les problèmes que courent la rue ou le racisme que l'on vit quotidiennement. Car aujourd'hui ce n'est plus une question de couleurs ou d'origines si l'on vit du racisme, mais de la différence que  nous portons. Pourtant ce sang qui coule dans nos veines, est bien le même rouge pour tout le monde

Alors il est temps maintenant de rendre réelles toutes les promesses de ces 13 articles écrits dans la « Déclaration Des Droits De L'Homme » en 1975. Il est temps maintenant que notre droit de vivre se transforme en envie de vivre. Il est temps maintenant que la justice soit réel pour tout individu.

Ce serait une erreur fatale de nous voir comme une faiblesse alors que nous pouvons apporter de notre différence une richesse humaine. Notre colère ne cessera pas tant que nos droit écrits ne seront pas vivants.

En tout cas soyez en sûr mes amis que notre lutte durera jusqu'à notre dernier souffle. Nous ne pouvons faire demi tour. Et si un jour quelqu'un ose nous demander « quand serez-vous satisfaits ? », nous lui répondrons que nous ne saurons être satisfaits tant que ne nous pouvons pas aller là où bon nous semble car le lieu n'a pas de pente pour notre fauteuil roulant. Nous ne saurons être satisfaits tant que nous ne pourrons pas aller étudier normalement dans les écoles, les lycées et universités. Nous ne saurons être satisfaits tant que la société nous ne donne pas le droit au travail comme tout le monde et sans nous prendre nos allocations. Nous ne saurons être satisfaits tant que la science ne cessera pas de faire son business sur notre dos en nous traitons comme des cobayes et des animaux. Non, non, non, nous ne saurons pas satisfaits, et nous ne saurons satisfaits que le jour où la société nous respectera pour ce que nous sommes.

Aujourd'hui des nouvelles générations sont nées, et nous pouvons prouver à l'Homme que l'on peut vivre ensemble malgré la différence que l'on a en chacun d'entre nous. La différence doit être une richesse et non une faiblesse. C'est sur cette lutte sera sans merci, mais nous pouvons le faire si nous nous mettons tous à l'intérieur de ce combat qui est de nous faire respecter et que nos droits ne soient plus des mots écrits mais des droits existants.

Retourner entre nos quatre murs sans changement serait comme retourner dans l'oubli alors que nous devrons être une force et montrer au plus vulnérable que l'on peut savoir où l'on va et montrer ce que l'on vaut.

Je vous dis aujourd'hui mes amis, que malgré les difficultés et les frustrations du moment, j'ai quand même un rêve. C'est un rêve profondément enraciné dans la vie que nous vivons tous actuellement.

J'ai un rêve qu'un jour, nous puissions aller dans tous les lieux publics sans avoir comme contrainte notre fauteuil roulant.

J'ai un rêve qu'un jour, la charité médiatique et chrétienne deviennent une charité humaine.

J'ai un rêve qu'un jour, que toutes ces classifications qui disent ce que l'on vaut disparaissent.

J'ai un rêve qu'un jour, nous puissions rentrer dans un lieu où personne ne nous envoie un regard indécent.

J'ai un rêve aujourd'hui,

J'ai un rêve qu'un jour, nous existons en tant qu'humain.
J'ai un rêve aujourd'hui,

J'ai un rêve qu'un jour, nous puissions vivre sans être une honte pour notre nation.

Ceci est notre espoir. C'est avec cet espoir que l'on se couche en paix à chaque jour qui s'achève sous ce ciel du monde. Ce sont ces mots que je partage avec vous mes amis et  j'espère que demain certains d'entre vous changeront et que vous donnerez raison à notre droit de vivre et qu'un jour notre liberté retentira.

Et si notre pays se dit une nation de liberté, d'égalité et de fraternité, ceci doit se faire. Et alors que la liberté retentisse dans notre prison qui est le plus souvent notre propre corps. Que la liberté retentisse dans le coeur de nos familles pour qu'elles nous aiment pour ce que nous sommes. Que la liberté retentisse dans le coeur de tous les Hommes et brise les frontières pour que nous puissions vivre ensemble.

Que la liberté retentisse dans les hôpitaux et brise les chaînes qui sont les tuyaux des machines pour libérer les enfants de leur maladie mortelle.

Que la liberté retentisse, dans le coeur de tous les enfants pour qu'ils puissent se donner la main, sans crainte, sans peur et en oubliant leur différence

Mais pas seulement cela,

Que la liberté retentisse,dans le coeur de tous les miens et brise ce silence de souffrance.

Que la liberté retentisse !

Quand nous laisserons retentir la liberté dans notre pays, dans tous les états, continents et pays du monde, nous pourrons dire alors

« oui, nous sommes tous nés libres et égaux ».








==============================
voilou bonne lecture.

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#2 07-02-2008 16:27:06

nicole
Nounou du forum
Lieu: charente
Date d'inscription: 20-12-2006
Messages: 64855

Re: De retour avec quelques textes nouveaux

Pourtant nous aussi on a des droits, même s'il y en a que la moitié de l'Homme. Alors j'ai une question à vous posez! Est-ce ça ce que nous valons, la moitié d'un Homme?

ravie de te revoir ici....mais la teneur de tes textes est toujours amère...bon courage à toi, accroche toi!

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#3 07-02-2008 17:06:03

Peggy
Fan confirmé(e)
Date d'inscription: 14-10-2007
Messages: 128

Re: De retour avec quelques textes nouveaux

Dison que je suis dans une phase de colère et que le slam m'aide à le balancer.

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#4 07-02-2008 18:24:40

marilou
Maître des fans
Lieu: le grand Nord
Date d'inscription: 11-02-2007
Messages: 1187

Re: De retour avec quelques textes nouveaux

je suis trés émue par tes textes


"J'ai pris une avalanche de rimes et une cascade de thèmes
Si loin du star-system , tu restes tard si t'aimes ! "  GCM

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#5 08-02-2008 12:07:20

Peggy
Fan confirmé(e)
Date d'inscription: 14-10-2007
Messages: 128

Re: De retour avec quelques textes nouveaux

Merci Marilou.

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