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#31 08-06-2010 13:10:28

nouga
Maître des fans
Date d'inscription: 24-05-2009
Messages: 37409

Re: Textes coup de coeur bis

VOILA UN POEME QUE J'AI BIEN AIME JE VOUS LE FAIS PARTAGER

OCCIDENT D’ANDRE SALMON

C’est à toi que je veux dédier mes prières.
Fille belle qui bus avec les assassins,
Ouvre ton lit tiède à l’homme aux lourdes paupières
Qui, né pour le péché, veut mourir comme un saint.

Tu me désapprendras le rapt et l’adultère
Je ne troublerai plus la vierge au clavecin,
Ah I verse moi l’oubli des joies et des colères,
A ce vieux nourrisson, nourrice, offre ton sein.

Je m’émerveillerai aux prouesses lyriques
Des gars souples qui du fil bleu de leurs couteaux
T’ont marquée du sceau rouge des races épiques
Et qui mourront martyrs, frères loups de l’agneau.

Près de toi j’oublierai les vertus prolifiques,
Car c’est assez du soin d’apprêter son tombeau,
Si très purs nous souillons le pied blanc des portiques
Avec nos jeux de chiens amoureux et brutaux,

Sur mes veilles j’ai vu se pencher des archanges.
Souriants ils m’offraient de perfides miroirs,
Ils cachaient des linceuls sous la candeur des langes.
Leur présence pourtant a parfumé mes soirs.

Puis les buveurs de feu et les semeurs de fange
Vinrent, puis les rebelles dont les pennons noirs
Mêlaient des larmes vives au clinquant des franges
Et las j’ai désiré te livrer mes espoirs.

Nous pouvons échanger les plus saintes caresses
Car ta bouche qui vomit serpents et crapauds
Pour n’avoir pas prêché l’incertaine sagesse
Fera fleurir la rose et le lys capitaux.

Calme donc mon orgueil et la honte maîtresse
De mes désirs tremblants,- je serai du troupeau
Des féroces qui font le mal avec tendresse
Et que l’Amour couronne au pied des échafauds.

Ah le bon oubli de la vaine intelligence!
Aimer et s’alléger du masque de l’amant!
N’avoir plus de vertus Cette adorable absence
Sur ta lèvre je veux la boire obstinément,

Quand tes baisers auront tari ma conscience,
J’aimerai par ta chair les divins sacrements
Et mon cœur libéré des Lois et des Sciences,
Sourds aux hommes, battra parmi les éléments.


"la couleur taupe a été créée pour les myopes"

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#32 18-06-2010 15:48:04

nicole
Nounou du forum
Lieu: charente
Date d'inscription: 20-12-2006
Messages: 52377

Re: Textes coup de coeur bis

Connais-tu ça,
Ségnorita?
Les tournesols
Qui mirobolent,
Les capucines
Qui faraminent,
Les rossignols
Qui grenadinent,
Les églantines
Qui farandolent
Les campagnols
qui colombinent
Et les lucioles
Qui barcarollent?

Les ballerines
Qui parabolent
Des messalines
qui cavatinent
Des discoboles
Qui marylinent
Des opalines
Qui camargolent,
Des anatoles
qui lamartinent
Des gourgandines
Qui protocolent
Des aubergines
Qui scarlatinent
Ou des glycines
Qui gaudriolent

Michel Deville "fiesta" Poézies


"je ne suis moi que seul"
Marcel Proust
"C'est bien les éclats de rire, on n'a pas besoin de recoller les morceaux."
Zake on twitter

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#33 18-06-2010 16:03:40

kinglion
Maître des fans
Date d'inscription: 04-01-2010
Messages: 8154

Re: Textes coup de coeur bis

un beau rbondissement de jeu de mot icon_smile merci Nicole icon_smile


.........


Shurik'n
Je dois rester hors de leur toile
Loin de ces vérités sous voile
Voir plus loin que la raison
Comme le souvenir souvent triomphant
De l'oraison, l'entrave n'est que physique en cette terre d'illusion,
Ils sont légions accusant d'hérésie
Ceux qui ont choisi une mentale évasion
Voit ces myriades de bombes souffler
Autant de sourire sans excuse aucune
Une vie de chien vaut rien, celle d'un gosse c'est pire
Nous dire que c'est pour le bien
C'est n'ouvrir qu'une fenêtre sur un mur
Où le billet fait papier-peint
Quand la vue est restreinte, on pense bien moins
J'irai plus loin que ça, plus loin que ce qui croient
Plus loin que cette place de parking
Où gît mon nom gravé sur une pancarte noire
Je veux pas de leurs horizons Abyssale prison
Où le mensonge tombe comme au temps de la mousson
Si je bois le bouillon, j'entraîne le moussaillon
Je veux pas de leurs solutions, elles ont le goût de poison
Je serai pas le bâton frappant les rejetons
Ils me feront pas croire qu'il y a que là qu'on est bon
Brandir le tison, la haine attisée, assis au coin à tiser
On se fait facilement hypnotiser une fois alcoolisé

Refrain (x2)
Akhenaton
Tout ce qui est visible est visable, vies, cibles et mirages
Défends avec ardeur tout ce qui est miscible et bizarre,
Douille et visage
Emaciés, trait visible, héritages, missiles et sillages
Missive et visa, illisible épitaphe

Akhenaton
Bâillonné à l'âge tendre, élevé pour usiner, à force de rien
Y voir, j'ai cru qu'à 16 ans ils allaient me fusiller
Gosse que c'bled ne veut pas reconnaître, par peur peut être
Le béton s'est écarté, ma feuille est devenue cette formidable steppe
Aussi loin que je me rappelle
Au crépuscule, je pensais que le globe
Solaire chutait dans la mer et se noyait, décès sans appel
Laissé sans affaires, intersection vitale, où les grands s'affairent
Seul dans ces lieux par manque d'argent ça ferme
Illuminé par l'unique faisceau naturel, dans c'monde vénal
J'ai survécu à 2 plongées en apnée dans l'Etna
Mirage matriciel où la réussite est cruciale
Ils m'ont braqué, pris ma part du ciel,
Celle qu'on voit des rues sales du poivre et du sel
Dans un jour fade, je fus l'hirondelle
Absent des marches et des murs
Au seuil d'une journée froide
Aujourd'hui ils m'inondent de ciment
Et si je mens, je tombe vivement,
Ici pour du vent, on te stoppe si facilement


IAM Aussi loin que l'horizon.....

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#34 02-07-2010 10:42:20

kinglion
Maître des fans
Date d'inscription: 04-01-2010
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Re: Textes coup de coeur bis

Pour Nicole icon_wink and Co icon_smile


Alamo, fierté, résistance
On prend nos distances, chérit l’existence
On s’voit tous à Trinidad et Tobago
Mais beaucoup tombent à terre car leur tête est au magot
Alamo, fierté, résistance
On prend nos distances, chérit l’existence
On s’voit tous à Trinidad et Tobago
Mais ça perd son sang froid et s’précipite dans les fagots

Difficile de deviner l’mal être derrière un sourire
L’bonheur s’achète pas avec une malette bourrée d’fric
J’kiffe ma vie simple, le son dans mon système
J’ai tué mon passé, s’te plait demande pas si j’t’aime
On s’marie pas avec un fantome incarcéré
Près du train de l’ennui, ton cœur est passé
M’arrachant à la voie ferrée, déposé dans un jardin
Quand j’allais éclater 2 fils de pute avec un parpaing
Jamais violent, toujours sur mes gardes, j’ai fait du mal par mégarde
Rejeton du belsunce breakdown
Ma mère est née en bas, 17 rue Ste barbe et donc
30 ans après mes premiers rap près de la rue longue
L’impression qu’ma laissée l’adolescence : une perte de temps
Avec des cernes de sang, j’voulais qu’on soit fier de quand
J’monterais sur scène avec des projets plein les pognes
Mais merde ! j’suis resté longtemps dans les secteurs où ça cogne
Dans l’équipe, on a tous l’air équilibrés
Mais chacun porte ses merdes, jusqu’à ce qu’la mort vienne nous délivrer
La gamberge pousse à la surface les actifs
J’avais du mal à respirer, sous sédatif, ils m’ont placé
Puis l’élixir parégorique m’a cassé
J’ai fait « Sol invictus » en dépression, le moral fracassé
Me voila d’retour, les crasses sous serrures à 2 tours
Les basses ? C’est c’que la sève de mon hip hop a de lourd
J’sais pas où j’vais mais rappe jusqu’à pas d’heure
J’suis comme James Dean, sur l’asphalte, au volant de sa spider
J’défoncerais leur barrage, j’sais pas où j’me situe
La vérité ils l’ont fouettés si fort qu’elle ne crie plus
J’m’attends pas à c’qu’elle débarque toute grimée
Des MC comme FAF sont des mecs si sous estimés
J’aime le rap comme un lycéen kiffe son 1er amour
Mais tant d’Chippendales lui ont fait la cour
Que j’ai dû m’battre pour démontrer par A+B
Que ce rap gonflette ne vaut rien face au type scarifié
J’trace ma route avec ce poids sur mes épaules
Sans jamais ressasser le succès passé de l’école

(l'école pour leur album à grand succès : l'école du micro d'argent)



AKHENATON : ALAMO

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#35 02-07-2010 10:55:24

nouga
Maître des fans
Date d'inscription: 24-05-2009
Messages: 37409

Re: Textes coup de coeur bis

bon texte

je connais bien le cours Belzunce haut lieu  de la nuit
quand a l'elexir parégorique  pour le mal de ventre avec gout anis comment veut ne pas aimer le pastaga après ça lol


"la couleur taupe a été créée pour les myopes"

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#36 02-07-2010 14:23:44

nicole
Nounou du forum
Lieu: charente
Date d'inscription: 20-12-2006
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Re: Textes coup de coeur bis

MJ23 a écrit:

Difficile de deviner l’mal être derrière un sourire
L’bonheur s’achète pas avec une malette bourrée d’fric

quel texte!


"je ne suis moi que seul"
Marcel Proust
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#37 02-07-2010 14:36:03

kinglion
Maître des fans
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Re: Textes coup de coeur bis

Merci à vous icon_smile

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#38 28-07-2010 11:02:31

nicole
Nounou du forum
Lieu: charente
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Re: Textes coup de coeur bis

MON AMI L'ECUREUIL

L'aventure que je vais vous dire m'attendait un jour à ma porte. C'est la plus simple, la plus humble peut-être, mais aussi la plus belle, je crois, de toutes les aventures qui me sont arrivées dans ma vie.

On était au début du printemps. Ce jour-là, comme d'habitude, j'avais poussé le portillon de mon jardin pour aller respirer l'air des pins. J'avais une compagne de promenade, la plus jeune de mes filles qui devait, en ce temps-là, avoir dix ans. Nous allions, entre les arbres aux troncs rougeâtres sur lesquels jouait le soleil d'avril. Des coups de brise poussaient dans le ciel bleu des nuages très blancs et faisaient courir sur la Loire des risées d'un bleu d'ardoise. Sylvie, ma fille, trottinant, cueillait dans l'herbe les fleurs du printemps. J'étais seul quand la chose arriva.
D'abord, dans les fougères sèches, un bruissement furtif et rapide. Je m'arrête net, songeant à une vipère : c'est la saison où elles se réveillent et se montrent tout de suite agressives. Non, j'ai beau regarder : pas de vipère...
De nouveau, les fougères tressaillent. Ah! je te vois, toi, mon gaillard!..
Il est peut-être à deux ou trois mètres, campé en chien sur son derrière, sa queue touffue dressée sur sa tête.
C'est un écureuil de l'année, un petit garçon-écureuil, espiègle, malin et gentil. Je lis tout cela dans ses prunelles, tandis qu'il me regarde ou plutôt me dévisage, la tête levée, tournée de côté, son vif œil noir fixé sur moi...
Qui cèdera ? Qui bougera le premier ? C'est lui. Tranquillement, aimablement, il fait vers moi deux petits sauts légers. Quand il touche presque mes brodequins, il se replante sur son séant, relève son museau rose et recommence à me dévisager...
A mon tour je fais un pas.
Bien entendu, je suis maladroit... Et ce que je craignais arrive : l'écureuil s'enfuit sous mes yeux... Je m'avance encore et la petite bête, la queue étalée en panache, saute sur le tronc écailleux d'un vieux pin et, comme tous les écureuils du monde, disparaît au revers de ce tronc...

Je me mis à tourner tout doucement, les pieds dans l'herbe, autour du vieux pin. Et l'écureuil tournait à mesure, cramponné des griffes à l'écorce, s'arrangeant pour toujours se maintenir du côté opposé au mien, mais en même temps hasardant de droite et de gauche des coups d'œil de plus en plus hardis, de plus en plus gais et malins.
Très vite, c'était devenu un jeu, un charmant jeu de cache-cache où il était plus fort que moi...
Il laissait ma main se promener sur l'écorce du pin, l'effleurer, le toucher par instant. Comment douter qu'il le fit exprès ? Il aurait pu, en un clin d'œil, s'élever très haut dans l'arbre, me fausser définitivement compagnie. Mais non. Si par hasard, dans la chaleur du jeu, il s'élevait jusqu'aux premières branches, aussitôt il redescendait, se maintenait à ma hauteur d'homme, à portée de ma main d'homme.
Je le touchais de plus en plus souvent, du bout des doigts d'abord, puis de la paume. Qui de nous deux était le plus ému ? Etait-ce moi de le toucher ainsi, comme à mon gré ? Ou lui de se laisser toucher ?
Quand enfin j'appuyai ma paume, tendrement, il s'immobilisa sous elle, me laissa le saisir, soulever vers moi son petit corps...
Peu à peu, il cessa de trembler dans ma main. Il s'était rassuré lui-même, peut-être mystérieusement averti par un courant d'ondes secrètes qui passait de mon corps dans le sien. Qui peut savoir de telles choses ?
Tout à coup, en signal d'armistice, en témoignage de confiante amitié, il a soulevé sa queue en panache, l'a déployée largement sur sa tête, aussi paisible dans ma main qu'il l'avait été tout à l'heure parmi les fougères des bois...

L'écureuil maintenant nous parlait. Je veux dire que par intervalles il poussait une sorte de grognement, guttural et léger : c'était comme un salut à notre adresse, accompagné d'un coup d'œil amical, la tête tournée sur le côté, un peu penchée, pour mieux nous regarder d'un œil...
Il y avait, au pied du vieux pin, un tapis de mousse ensoleillée qui paraissait nous inviter. Nous nous assîmes. Je tenais toujours l'écureuil. Une fois assis, je le lâchais, un peu anxieux de ce qu'il allait faire. Pourquoi ne pas l'avouer ? Je m'attendais encore à le voir s'éloigner, sauter dans l'herbe ou dans un pin voisin. Mais au contraire il demeura, trottinant devant nous en pleine lumière, soulevant son poil ardent qui semblait s'embraser au soleil.
Loin de s'achever, l'aventure commençait... Ma fille s'était assise sur son manteau. Il fut vite évident que ce qui l'attirait le plus, c'était ce manteau douillet, et surtout sa doublure de soie... Il ne s'éloignait plus, tapotait la souple étoffe, la caressait. En vérité, nous ne comptions plus guère pour lui. Mais comme cet oubli devenait émouvant ! Il nous prouvait que la douce petite bête nous faisait une confiance aveugle, ne redoutait plus rien de nous, une fois pour toutes. Nous faisions partie de son monde, et d'un monde qu'elle aimait, comme la mousse, les fleurs sauvages et les arbres...
Le soleil, cependant, baissait. Le froid devenait pénétrant. L'écureuil le sentait comme nous, se blottissait plus étroitement dans le creux soyeux du manteau : un creux à sa juste mesure, qu'il façonnait petit à petit avec un merveilleux instinct. Se tournant de droite et de gauche, d'un flanc sur l'autre, poussant du nez, de la hanche, de l'épaule, il avait l'air de modeler un nid. Là... C'était fait. Encore deux ou trois tapotements, il n'y a plus qu'à se lover en rond, le museau contre les pattes de derrière, à fermer doucement les paupières et, mon Dieu oui, à s'endormir...
Combien de temps sommes-nous restés, à regarder l'écureuil endormi ? Je ne le sais plus, mais longtemps. Je me rappelle qu'insensiblement le soir s'est élevé des terres. On dit que la nuit descend ; mais ce n'est pas vrai, elle monte. Elle a monté des talus, du sous-bois. J'ai vu que Sylvie frissonnait...
Il fallait songer au retour, reprendre le manteau... Avec mille précautions, j'ai soulevé l'écureuil endormi pour le déposer sur la mousse...
D'elle ou de moi, qui a entendu le premier ? Nous n'avions pas fait dix pas. Ce qui, tout de suite, a frappé nos oreilles, ça été le doux grognement de tout à l'heure, ce bruit de gorge devenu familier, mais différent, beaucoup plus fort, précipité, impérieux. C'était vraiment une injonction : "Eh! bien, eh! bien! Attendez-moi, vous deux !"... Si incroyable que cela nous parût, il fallait bien en croire nos yeux : l'écureuil courait derrière nous, non pas en trottant sur la sente et la mousse, mais en bondissant... tout en continuant à grogner, à nous semoncer vertement : " Halte-là! Halte-là! J'arrive! "...
J'étais de plus en plus remué, touché plus que je ne saurais le dire de cette tenace fidélité. Qui sait ? Peut-être sottement fier, au fond de moi, d'avoir été ainsi choisi, élu : comme si j'eusse découvert en moi un singulier pouvoir tout neuf, un don magique...

L'écureuil se fatiguait, à la longue. Mais il poursuivait vaillamment, ne nous lâchant pas d'une semelle. Nous suivions la sente forestière qui sinuait à travers le hallier, marchions sur l'humus, sur la mousse, sur le gazon rêche des friches. Tout cela lui était familier. Il continuait de sauter, retrouvant sous ses pattes le souple feutrage des gramens, ou la bourre des vieilles fougères mortes, ou la douceur noire du terreau. Quel interminable voyage ! Nous approchions, touchions la haie taillée, le portillon de notre enclos, entrions dans la cour sablée...
Je l'ai repris alors dans mes mains et l'ai porté vers le logis. Sylvie et moi avons appelé la vieille servante qui partageait notre vie. Nos voix emplissaient la maison :
- Du lait ! Des noix ! Vite ! N'importe où ! Ici même, dans le vestibule !
Nous n'étions pas au bout de nos surprises. On aurait pu penser, tant il se rassura vite, qu'il avait vécu sous un toit, dans une sombre maison des hommes. C'est ce que je crus un moment, si absurde que cela fût : que j'étais tombé, en plein bois, sur une bête apprivoisée, un petit écureuil savant. Mais il était sauvage, sauvage : une bête domestiquée eût été beaucoup moins farouche.
C'est en écureuil libre que se conduisait celui-là, jusque dans son sans-gêne, son aisance, sa façon d'être chez lui...
Assis, bien installé, la queue en parasol, il grignotait à toute vitesse : la noix fondait en un clin d'œil. Mais que de projections, quel gaspillage, en apparence du moins ! Les miettes volaient de tous côtés, il ne voulait que la chair blanche, le reste était... postillonné, allègrement, vigoureusement. Il était très mal élevé. Il mangeait, pourquoi ne pas le dire ? Comme un charmant petit cochon. Et il buvait exactement de même...
Cependant, nous délibérions...
Que faire ? Sinon le rapporter là-bas, le rendre, et dès ce soir même, au bois de pins qui nous l'avait donné ?
Je l'y ai rapporté, en effet, seul, dans le soir brun, déjà nocturne...
Je n'avais plus besoin de le tenir. Il allait et venait sur mon corps comme il l'aurait fait sur un arbre, tantôt juché contre mon cou, tantôt glissant vers ma poitrine.
Soudain, dans une demi-culbute, il plongea l'une de ses pattes dans la poche intérieure de ma veste. Heureuse trouvaille ! L'instant d'après, il s'y était coulé tout entier, d'un mouvement vif, rampant, extraordinairement souple et sûr. Il fut tout de suite au fond de la poche, s'y agita quelques secondes encore. C'était clair : il bataillait contre des objets encombrants, mon stylographe, mes lunettes ; il préparait son nid, exactement comme au creux du manteau. Enfin vainqueur, il se lova, se mit en boule et, instantanément, s'endormit.
Lorsque nous atteignîmes les pins, je dus l'éveiller, non sans peine. Il me fallut fouiller ma poche, le repêcher au fond, tout amolli et chaud de sommeil. Il se secoua, aussi vite présent et alerte qu'il avait perdu conscience :
- Eh! bien, tu vois, nous sommes arrivés.

Il le savait aussi bien que moi. Sans plus rien dire, je m'appuyai à un tronc vigoureux, sans doute celui de l'arbre même au pied duquel nous avions joué. Je posai l'écureuil contre l'écorce rugueuse. Je ne le voyais presque plus. L'ayant lâché, il s'y agrippa. Et j'attendis, assuré désormais d'être aussi patient qu'il faudrait, autant qu'un animal des bois, autant que lui.
C'est là sans doute, dans la solitude et la transparence de la nuit, que l'aventure prit pour moi tout son sens. Je ne mesurais plus le temps. Je sentais seulement que l'écureuil trottait dans l'ombre, tantôt sur l'arbre, tantôt sur moi, nous confondant vraiment l'un l'autre, nous unissant ensemble à la pureté du bois, de la lande, à la lueur des premières étoiles, au silence.
Je me suis détaché du vieux pin, très doucement. Je me suis éloigné sans fuir, m'enfonçant insensiblement, enfin disparaissant dans l'ombre, avec le sentiment que pour lui rien n'était changé. Car pour moi, je l'ai su depuis, beaucoup de choses devaient l'être à partir de cette journée-là.


L'histoire est vraie. J'ai essayé de vous la dire telle qu'elle est réellement arrivée. C'est ainsi qu'elle est la plus belle...
Le lendemain, sans le dire à personne, je suis revenu sous les pins. J'avais empli mes poches de noix. Je me plaisais à imaginer que j'allais revoir l'écureuil, qu'il reviendrait à mon appel, ce jour-là et les jours suivants ; et qu'ainsi j'aurais dans les bois un petit ami sauvage, familier et fidèle, que je retrouverais à mon gré, avec lequel je partagerais des noix, mais aussi de très beaux secrets.
J'ai scruté avidement les branches. J'ai appelé longtemps, en imitant à fond de gorge (j'étais tout seul, je n'avais pas peur de paraître ridicule) le doux grognement que je n'avais pas oublié. Mais les branches n'ont pas frémi ; nul écho ne m'a répondu. Tout ce qu'il avait à me dire, l'écureuil me l'avait déjà dit.

Maurice Genevoix


"je ne suis moi que seul"
Marcel Proust
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#39 28-07-2010 11:26:47

nouga
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Re: Textes coup de coeur bis

super  j'ai l'impression de revenir  bien en arriere au temps de l'insouciance  de mes lectures d'enfance


"la couleur taupe a été créée pour les myopes"

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#40 28-07-2010 11:33:13

nicole
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Re: Textes coup de coeur bis

nouga a écrit:

super  j'ai l'impression de revenir  bien en arriere au temps de l'insouciance  de mes lectures d'enfance

ben +1!
en le relisant, des tas de souvenirs me revenaient


"je ne suis moi que seul"
Marcel Proust
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#41 28-07-2010 12:43:17

kinglion
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Re: Textes coup de coeur bis

j'ai pas connu ca mais tres agreable lecture... merci icon_smile

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#42 16-09-2010 16:25:23

Slamenco
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Re: Textes coup de coeur bis

c'est beau


SLAMENCO : la rencontre du slam et du flamenco
http://slamenco.skyrock.com

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#43 21-09-2010 22:29:22

nicole
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Messages: 52377

Re: Textes coup de coeur bis

un texte délicieux sur le slam à ces débuts (2007) au Sénégal, par le frère de Natty
voir ici (toutes ses chroniques sont délicieuses) http://blog.doomurewmi.net/post/2007/08 … Jubilation

Tentant de me défendre de la réputation de spleener invétéré que me donnent mes envolées lyriques où la mélancolie se fait passer pour de la profondeur, j'avais promis, en réponse à un commentaire sur mes mots de lamentation, des mots de jubilation.

Je me voyais déjà tentant d'extraire des recoins sombre de mon humeur triste une lueur de joie à partager et l'exercice me déprimait d'avance. Eh bien cela n'aura pas été difficile. Des mots jubilatoires j'en ai eu plein le Dimanche 12, au Just 4 U, lors de la soirée SLAM que nous ont offerte avec beaucoup de talent la petite bande du Victorian Bantu.

« C'est quoi le Juste Quatre U» ? se demandera le francophone pas assez au fait des loisirs dakarois. Le «Djeuste Fore You», O lecteur lointain, c'est un petit bar-resto-cabaret en plein air en face de l'université où l'amateur de musique folk sénégalaise (les mélodies Cheikh LO, les mots de Souleymane Faye, la voix de Daby), celui de Jazz (Vieux Mac Faye, Baba Band), celui de rap sénégalais (Dara J?) ou juste le rare grégaire Dakarois incapable de dîner seul à la maison [1] se rencontrent en plein air pour une bouffe insipide, un choix limité de boissons et une bonne diversité en musique live souvent excellente.

Dimanche donc ... Pardon ? Le slam ? Vous ne connaissez pas le slam ? Ah on me lit donc dans ces contrées reculées ? Ebinmonwié! Le slam, ma petite dame, ce sont des textes qui se déclament, sans tout le tintammare et le ramdam, une nouvelle poésie populaire qu'on acclame, de Dakar a NY en passant par Paname.

Dimanche donc à minuit, au Just 4 U et j'y renifle l'air de l'hivernage tentant de savourer cette odeur de terre mouillée annonciatrice de la pluie qui risque de sonner le glas de cette soirée SLAM que j'attends depuis deux bonnes heures.

"À la fin la pluie vint. Elle fut soudaine et formidable" comme l’écrivait Chinuwa Achebe. Mais heuresement il y a eu d'abord la pluie de mots, tout aussi formidable, durant toute la prestation de Papelas, Fari et de leur invités.

Oui, les mots ont volé et très haut tandis que nos slameurs du Lundi (... oui, il était minuit passé et ce ne sont vraiment pas des poètes du dimanche. Et puis Lundi, cela sonne plus pro, madame, ce qu'ils etaitent. Arretez donc de m'interrompre! ou en etais-je ? Ah .. tandis que nos slameurs disais-je ....) se sont succédés dans un enchaînement très riche de textes.

J'ai admiré les beaux jeux de mots de Papelas, qui parlait à nos consciences avec un humour subtil. J'ai applaudi les délires de Fari qui a peint en mots Wolof et français toujours bien agencés la scène de drague la plus sénégalaise qui soit. Leurs textes acappela se sont enchaînés comme sur du papier à musique et nous ont beaucoup enchantés, souvent fait rire et par moment très émus.

Puis il ont ouvert le micro à quelques invités (dont Awadi, Fou Malade et Xuman, le plus grand rappeur sénégalais, qui fait pas loin de 2 metres). C'est là que j'ai eu ma plus belle surprise avec Matador (du groupe de rap BMG 44). Ce petit gars à l’allure ramassée de félin aux aguets nous a offert une prestation fascinante, tant elle était expressive, et troublante, tant elle exprimait le quotidien de détresse et de rejet social d'une vie d'un jeune dans la banlieue dakaroise.

Plus tard j'apprendrais que Papelas qui est allé le rencontrer au fond de sa banlieue l'a trouvé entrain d'animer un atelier d'écriture et de slam avec les jeunes du quartier. Ce qu'ils produisaient nous a tous soufflés.

Je suis reparti avec un constat terrible teinté d'un espoir insensé. En effet, Pikine-Thiaroye-Guidewaye, cette grande banlieue de Dakar, c'est là-bas que se déroule l'explosion de la démographie dakaroise avec ses caractéristiques inquiétantes: 52 % de moins de 18 ans et 68 % sous le seuil de pauvrèté. Là-bas, loin de nos yeux de bourgeois du centre vile qui s'ignorent minoritaires, mijote une soupe sociale dont l'explosion certaine pourra prendre n'importe quelle forme. Bonne ou mauvaise, je peux vous prédire qu'elle sera créative. Cette banlieue produit déjà les meilleurs résultats du concours général (la sélection doit être si serrée, ceux qui arrivent au bac au Lycée Limoulaye doivent être de sacrés monstres).

Elle peut produire aussi le pire. Mais pour une fois, vu ce que j'ai découvert sur scène, je parie sur le meilleur.

Doomu Rewmi


"je ne suis moi que seul"
Marcel Proust
"C'est bien les éclats de rire, on n'a pas besoin de recoller les morceaux."
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#44 23-09-2010 13:45:56

nicole
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Re: Textes coup de coeur bis

notre nouveau membre, merci à lui a pris la peine de copier le texte de GCM, je le mets ici aussi, c'est un régal

GCM Definitivement a écrit:

Définitivement

                   

T'es pas encore arrivé,
Avec ta mère on s'impatiente
Elle, elle commence à fatiguer,
Et puis faut voir l'état de son ventre.

Il parait que tu te caches là dessous,
Nous on communique à notre façon :
Quand je te parle, tu donnes des coups
J'ai tes mouvements, tu as mes sons

Ben ouais, ça nous pendait au nez,
Faire un enfant c'était de notre âge,
Et puis à force de trop s'aimer,
On laisse une trace de notre partage.

T'es pas encore là, mais dejà
Je vois plein de choses différement
Tu vas bousculer ma vie,
Définitivement.

Je sais pas encore la tête que t'as,
Mais déjà je te trouves beau gosse,
Je voudrais t'avoir au creux de mon bras,
Et caresser tes premières bosses.

J'aimerais t'acheter tes premiers jeans,
Et ta première paire de basket,
J'ai même envie de changer tes couches,
Enfin ça... Ca changera p'tet.

Je peux pas encore tout te raconter,
Là quand je te parle, ta mère écoute,
Mais t'inquiète dès que tu seras né,
On aura nos secrets, tu t'en doutes.

Je t'apprendrai même à faire des blagues,
Et si jamais on se fait griller,
Toi tu diras que c'est de ma faute,
Et moi je dirai que c'est toi qui a eu l'idée.

J'ai déjà la rage contre tes profs quand ils donneront trop de devoirs,
Si t'as des mauvais points de conduite, ce sera pas vraiment un hasard.
Je t'engueulerai quand même pour la forme,
Mais au fond de moi évidement,
Je serai de ton côté,
Définitivement.

Je t'apprendrai à observer
Et à écouter les gens,
Tu m'apprendras à m'inquiéter,
J'espère que tu seras indulgent.

Je t'enseignerai la prudence,
Tu m'apprendras l'incertitude,
Tu m'apprendras les nuits blanches,
Je t'enseignerai la gratitude.

Tu verras que parfois la vie c'est dure,
J'essaierai pas de te le cacher.
On se casse la gueule à coup sûr,
Quand on apprend à marcher.

J'aurai envie de te protéger,
Mais j'essaierai de pas être trop lourd,
Je mettrai mon Amour de fer,
Dans une apparence de velours.

Je te préviens, je fais mal la bouffe,
Et je pourrai pas jouer au ballon,
Mais je trouverai d'autres trucs à faire,
Pour que tu sois fier de ton daron.

Je serai un peu ton pote, un peu ton frère,
Mais pour me fâcher,
Faudra que je sois un peu ton père,
Quand je te dirai d'aller te coucher.

T'es pas encore arrivé,
Mais déjà qu'est ce que je te kiffe,
Dans mon petit quotidien, t'as changé tous mes objectifs,

Avant de penser à quoi que ce soit,
Je penserai à Toi,
Tu vas clairement,
Changer mon sens des priorités,
Définitivement.

Alors voilà dépèche un peu,
Il reste 3 mois à galérer,
Tu dois être serré dans ton pieu,
Faudrait que tu penses à t'aérer.

Ici il y a plein de belles choses à voir,
Il y a la montagne, et il y a la mer,
Le Soleil, la Lune, les Etoiles,
Et puis les yeux de ta mère.

Allez mon gars, dépèche un peu,
J'ai envie d'entendre ta voix,
On t'as même trouvé un prénom,
Si tu l'aimes pas tant pis pour toi.

J'ai l'impression de rêver,
T'es la meilleure chose assurément
Qu'il me soit jamais arrivé,
Définitivement.

J'ai l'impression de rêver,
T'es la meilleure chose assurément
Qu'il me soit jamais arrivé...

Grand Corps Malade


"je ne suis moi que seul"
Marcel Proust
"C'est bien les éclats de rire, on n'a pas besoin de recoller les morceaux."
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#45 27-11-2010 13:19:02

austral-didjeridu
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Messages: 824

Re: Textes coup de coeur bis

AU ROYAUME DES AVEUGLES

Réveil sous vitamine comme sur un lit d’hôpital,
rêver s’est vital, mais vie ta vie, profite,
car elle s’écoule et dégoûte vite, bref comme un coup de fil,
bref j’espère que t’écoute fils,
si ça se trouve je parle de toi quand j’écris ça,
écoute fils, un pas de travers et elle te prive fissa,
saoulé depuis l’époque de l’acné, ça pu la crise,
alors on avance en apnée,
mais Fillon voit des autres que ce qui nous sépare, pire,
depuis le départ les hommes s’éparpillent,
permettez moi d’être septique,
triste destin pour six milliards de têtes seules trop peu réceptives,
on pense tous qu’il est déjà bien trop tard pour redresser le tir,
l’esprit s’atrophie à qui ça profite,
car la routine devient rituelle,
la majorité s’en contente noyée dans un monde virtuel.

Il fait sombre alors j’ouvre l’œil,
reste attentif tout le temps car l’élite se joue de leurres,
j’ai grillé les vices de ces hommes de loi,
au royaume des aveugles le borgne est roi « mec », (bis)

Le temps te bouffe faut t’investir tant que possible,
éviter les averses, ne jamais retourner sa veste,
avancer, malgré la merde sur les slaches durs à l’aise,
que quand tu poses une chiasse sur les chiottes turcs,
conscient que quelque chose ne tourne pas rond,
dans ce monde le chat guette pourtant les souris dansent,
car on nous joue non stop un air de flûte plein de fausses notes et ça...
même les sourds y pensent,
34 000 : c’est le nombre d’enfants qui meurent chaque jour sur terre de pauvreté ou de maladie,
pendant que la masse se laisse raconter la messe avant d’aller voter,
ou pour atteindre le paradis,
je vois ce monde comme un château de cartes,
des rêves d’effondrement, je doute de lui et de ses fondements,
quand l’inégalité et la compétition sont les bases…
passez moi l’expression, mais « on nous baise », houai…

Il fait sombre alors j’ouvre l’œil,
reste attentif tout le temps car l’élite se joue de leurres,
j’ai grillé les vices de ces hommes de loi,
au royaume des aveugles le borgne est roi « mec », (bis)

Comme un virus les homme s’étendent,
se détruisent les uns les autres se méprisent et disent tout maîtriser,
je constate et mon sac je suis venu le vider,
on se parle tellement peu qu’on voit même pas qu’on a les mêmes idées,
réalise, l’individu est seul,
l’individualisme s’installe, c’est la crise,
moi, je ne distribue pas des rythmes ésotériques,
je m’adresse à tous, à Terry, où c’est à tes risques et périls,
l’espèce humaine dépérit,
chaque spécimen ne s’attarde que sur sa cause, c’est terrible,
faudrait changer les choses c’est logique,
pas idéaliste, réagir et vite, éviter de rallonger la liste de nos regrets,
la chute est inévitable, c’est attristant, je prie pour nous,
mais on ne le mérite pas,
on cultive la haine, l’avenir se ternit, chacun sa peine,
alors sur nos nombrils on s’éternise, houai…
on s’éternise, houai… on s’éternise, houai…
on s’éternise, houai… on s’éternise, houai…

Il fait sombre alors j’ouvre l’œil,
reste attentif tout le temps car l’élite se joue de leurres,
j’ai grillé les vices de ces hommes de loi,
au royaume des aveugles le borgne est roi « mec », (bis)

song from : NEYG & QUIOU

ajouté le lien ici : au royaume des aveugles

Dernière modification par austral-didjeridu (27-11-2010 14:49:12)


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